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Comment les Saoudiens ont largement contribué à enflammer le Moyen-Orient à grands coups de wahhabisme

saoudAtlantico : Depuis la fin de la Guerre Froide, de nombreuses mosquées et écoles coraniques wahhabites ont été financées par l’Arabie saoudite dans les Balkans, modifiant ainsi la culture musulmane locale d’inspiration soufie vers le wahhabisme, pratique radicale de l’islam, rapporte un article du Financial Times (lire ici en anglais). Dans quelle mesure l’Arabie saoudite, dans son approche du wahhabisme, a-t-elle participé au développement d’un terrain favorable pour des groupes comme l’Etat islamique en Irak et au levant ? Quels sont les précédents historiques ?

Alain Rodier : Le financement des groupes djihadistes par l’Arabie saoudite a débuté lors de la guerre menée contre les soviétiques qui ont envahi l’Afghanistan en 1979.

Le but était de bouter les infidèles russes hors de ce pays musulman. Cela s’est fait avec la coopération des Pakistanais avec lesquels Riyad a toujours entretenu d’excellentes relations. Toutefois, les Saoudiens ont également soutenu par la suite des mouvements islamistes opposés au pouvoir en place à Islamabad. Il est vrai que cette aide destinée aux populations des zones tribales pakistanaises (situées au nord-ouest du pays) était parfois détournée à l’insu de ses donateurs.

Par contre, Riyad n’a pas apprécié le fait qu’Oussama Ben Laden, qui était en contact avec les services spéciaux saoudiens, commence à « ruer dans les brancards » après la fin de la guerre. A noter que sa notoriété de l’époque venait du fait de son appartenance à une importante famille qui était proche de la famille royale saoudienne. Son passé « héroïque » n’est qu’une construction qui est venue étayer sa légende après coup. Riyad l’a déclaré indésirable et il est allé se réfugier au Soudan en 1993. La rupture totale est intervenue lorsque les Américains se sont installés en Arabie saoudite lors de la guerre du Golfe en 1990/1991. Il n’a pas compris la realpolitik menée par la famille royale qui avançait son wahhabisme pur et dur mais tolérait la présence de soldats impies en terre sainte.

Parallèlement à cela, l’Arabie saoudite finançait dans l’ensemble du monde musulman la construction de mosquées via des organisations caritatives afin d’y étendre son influence, en particulier pour contrecarrer celle de Téhéran et des Frères musulmans, déjà considérés comme des adversaires. Ces opération se sont poursuivies jusqu’à ce jour, même en Occident. Il convient de comprendre ce fait dans la lutte sourde que Riyad mène contre les Frères musulmans (en particulier bien représentés au Qatar).

En Syrie, Riyad s’est vite rendu compte du danger représenté par l’EIIL et a créé le « Front Islamique » (FI) pour faire barrage. Force est de constater que cette initiative n’a pas été couronnée de succès malgré la campagne de désinformation qui a eu lieu en 2013. A savoir que la propagande de la rébellion prétendait que l’EIIL était en retrait alors que ce mouvement qui s’était étendu géographiquement très (trop?) rapidement, ne faisait que se regrouper sur des positions où il était en force. Depuis, il est reparti à l’offensive et devrait encore gagner du terrain dans ce pays. A noter que Damas, qui avait favorisé l’émergence de l’EIIL à des fins tactiques (pour affaiblir les rebelles en les divisant) en libérant nombre de prisonniers qui l’ont rejoint et en ne le combattant pas énergiquement, s’en mord les doigts aujourd’hui. Il faut dire qu’au départ, l’EIIL n’était pas présent dans des zones jugées comme stratégiques par le régime syrien. 

source: http://www.atlantico.fr/

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