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Noël, un vrai faux anniversaire du vrai Messie (par Imam Ahmadou M. Kanté)

« Nous aimons Noël. Il y aura des lumières, il y aura des fêtes, des arbres brillants et même des scènes de la Nativité, toutes déconnectées du réel; Le monde continue d’être en guerre. »

(Pape François, 2015)

(PARTIE 1)

Introduction

Dans quelques jours, le 24 décembre, sera célébrée Noël de l’an 2016 du calendrier grégorien. Nombre d’historiens considèrent qu’il s’agit d’une « christianisation » d’une fête romaine païenne liée au solstice d’hiver. Diverses pratiques qui ne trouvent pas de fondement dans la Bible lui sont associées selon les lieux et les cultures. Il faut aussi noter que le monde chrétien ne la célèbre pas à la même date. Et comme pour le Mawlidun nabi (célébration de l’anniversaire de la naissance du prophète Muhammad (PSLF) chez les musulmans, la date exacte de la naissance de Jésus (Paix sur lui) n’est pas connue. Seuls deux sur les quatre évangiles canonisés, ceux de Luc et Matthieu en parlent avec des divergences et d’autre part en des termes qui ne permettent pas d’avoir une date précise de cet évènement ni pour l’année ni pour le mois et encore moins pour le jour. Ces clarifications faites, cette célébration servira de prétexte aux lignes qui vont suivre pour faire l’économie des postures juive, chrétienne et musulmane face à ce personnage mystérieux, Jésus-Christ, dont le statut de Messie et les missions y afférentes apparaitront dans toute leur splendeur et leur plénitude à la fin des temps.

Le judaïsme face à Jésus : une théologie du rejet

Pour bien comprendre l’attitude de rejet dont fait montre le judaïsme à l’égard de Jésus, il est nécessaire de se rappeler le contexte théologique et politique dans lequel ce dernier vient au monde et fait sa prédication. Le temple de Jérusalem a déjà connu sa première destruction sous les assauts de Nabuchodonosor, empereur babylonien durant le siège de 586 av. J-C (la seconde surviendra en 70 après J-C sous les coups de Titus, commandant des forces romaines). Il en résultera la déportation ou l’exil de la plus grande partie de la population juive en terre babylonienne. A partir de 538 av. J-C, après avoir conquis Babylone, le roi Perse Cyrus autorise les juifs à rejoindre leur pays. Une première vague prend le chemin du retour sous la direction de Zorobabel, descendant du prophète David (Paix sur lui), et qui a été pris pour le Messie attendu par certains juifs, en vain, et une seconde vague fait de même sous la conduite d’Ezra, le scribe. Ce retour sera accompagné de la construction du second temple. A partir de 63 av. J-C, les juifs sont sous le règne de l’empire romain et c’est Hérode qui administre Jérusalem jusqu’à sa mort moins de 5 ans avant la naissance de Jésus. (Cf. Réalités d’Israël, 1995) La littérature bibliste éprouve quelques difficultés d’ordre chronologique relativement au fait que l’évangéliste Luc relie la naissance de jésus à un recensement qui a vraisemblablement eu lieu selon les historiens au moins 6 ans après.

Nous comprenons de ce bref rappel historique, que Jésus (Paix sur lui) nait dans un contexte politique et théologique où le peuple juif est sous le joug de Rome, et subit un « silence de Dieu » d’environ 5 siècles. Les derniers prophètes à avoir parlé sont: Aggée, Zacharie et Malachie. Le peuple juif était désemparé et attendait ce Messie qui hésitait à venir et qui devrait être issu de la maison de David (Paix sur lui), pour le libérer, restaurer la dignité d’Israël ainsi que sa souveraineté nationale et pour que la connaissance vraie de Dieu et la paix règnent partout dans le monde. C’est dans cette ambiance que, selon la littérature bibliste, le prophète Zacharie (Zakaryâ du Coran – Paix sur lui) s’occupe des services du temple de Jérusalem comme prêtre de la lignée de Jacob (Ya ‘qûb du Coran – Paix sur lui) et rappelle aux juifs la nécessité du repentir et le devoir de suivre les commandements de la Thora révélée à Moise (Mûsâ du Coran – Paix sur lui). Nous reviendrons sur l’identité de Zacharie de la Bible hébraïque (Ancien testament) qui aurait vécu au VIe siècle (vers 520) av. J-C alors que le Nouveau testament et le Coran parlent d’un Zacharie père du prophète Jean (Yahyâ du Coran-Paix sur lui) et contemporain de Marie (Maryam du Coran – Paix sur elle) et mère de Jésus (‘Îsâ du Coran – Paix sur lui).

Voyons à présent ce qui est à la base de la posture du judaïsme face à Jésus. Pour les théologiens juifs, le phénomène prophétique s’arrête à la mort du dernier des « petits prophètes » et il ne se produit jamais alors que la majeure partie du peuple est hors de la terre d’Israël. Seul était attendu le Messie qui devait remplir un critère obligatoire : être un descendant biologique de David (nous reviendrons sur cet aspect des choses au moment d’aborder le sujet du Messie). Il en découle que pour le judaïsme, la naissance virginale de Jésus, son statut de « Fils de Dieu » et de Messie assumé ou à lui attribué par la foule, et toute sa prédication relèvent de l’imposture. D’autant plus que ce Jésus s’est donné la latitude de changer des prescriptions de l’immuable Thora.

Pour ce qui est des prophéties que les chrétiens interprètent comme étant une annonce de la naissance miraculeuse de Jésus dans la Bible hébraïque (Ancien Testament), par exemple « Voici, la vierge sera enceinte ; elle enfantera un fils et elle lui donnera le nom d’Emmanuel », la littérature judaïque répond qu’il s’agit d’une traduction erronée et qu’une plus fidèle donnerait « la jeune femme sera enceinte » La théologie judaïque occulte complétement les événements que les Evangiles et le Coran associent à la famille de Zacharie (Paix sur lui) et de son fils le prophète Jean ainsi qu’à celle de Marie (Paix sur elle) qui va donner naissance à Jésus. Aucune place n’est laissée, dans la théologie judaïque, à la possibilité d’un Dieu en trois personnes comme le soutient le crédo chrétien « Le Père, le Fils et l’Esprit saint ». Elle est intraitable sur la foi en un Dieu unique, indivisible et considère que c’est commettre un péché capital d’idolâtrie que de remettre en cause ceci que Dieu n’est ni dans le temps ni dans la création et qu’il ne nait pas, ne meurt pas et ne s’incarne pas en une forme physique.

La naissance de Jésus (Paix sur lui) selon les évangiles

Commençons par dire que Noël est un vrai faux anniversaire de la naissance de Jésus (Paix sur lui). En effet, la date exacte dudit événement pour symbolique et décisif qu’il soit dans la théologie chrétienne n’est pas connue : « Fête solennelle de la naissance de Jésus-Christ, Noël est célébré le 25 décembre dans toutes les Églises chrétiennes depuis le ive siècle. Cette date était alors celle de la fête païenne du solstice d’hiver appelée « Naissance (en latin, Natale) du soleil », car celui-ci semble reprendre vie lorsque les jours s’allongent à nouveau. À Rome, l’Église a adopté cette coutume fort populaire, d’origine orientale, qui venait de s’imposer dans le calendrier civil, en lui donnant un sens nouveau : celui du Natale (origine du mot français Noël) du Sauveur, que la Bible désigne comme le « Soleil de justice » et la « Lumière du monde ». Cette institution allait dans le sens du syncrétisme de Constantin (les fidèles des deux cultes chômaient le même jour) et dans celui du concile de Nicée, qui venait de réaffirmer la divinité du Christ ; aussi l’extension de cette fête fut-elle rapide dans toutes les Églises chrétiennes. La fête de Noël n’est donc pas, à proprement parler, l’anniversaire de la naissance de Jésus, dont on ignore la date, mais la célébration du Seigneur venant dans le monde. Les prières liturgiques et les sermons des évêques de ces siècles insistent sur la signification « mystique » de cette solennité : Dieu se fait homme pour sauver l’humanité et la mener à sa pleine réalisation dans le Royaume des cieux. » (Cf. http://www.universalis.fr/encyclopedie/noel/)

« Dans les deux évangiles qui parlent de l’enfance du Seigneur (saint Mathieu et saint Luc) on ne trouve aucun calendrier précis, seuls quelques maigres indices nous orientent vers septembre ou octobre mais certainement pas décembre. D’ailleurs Noël ne fait pas partie des fêtes mentionnées par les premiers chrétiens et ne figure dans aucune des listes publiées par Tertullien ou saint Irénée de Lyon. (Nous rajoutons que ces deux personnes sont des Pères de l’Eglise qui vivaient au IIe siècle après J-C) C’est au IVe siècle que la date du 25 décembre a été retenue arbitrairement pour la fête de la Nativité du Seigneur, principalement dans le but de la substituer aux célébrations païennes en usage à l’époque, comme la fête de la renaissance du Soleil Invaincu – le solstice d’hiver – ainsi que les saturnales romaines qui avaient toutes deux lieu durant la période du  21 au 25 décembre. Mais les Eglises d’orient et d’occident n’usent plus du même calendrier depuis fort longtemps : il s’est ensuivi que les Eglises rattachées à Rome utilisant le calendrier grégorien et les églises orthodoxes le calendrier julien, il existe un décalage qui fait correspondre notre 25 décembre au 6 janvier. Le jour où nous fêtons normalement l’Epiphanie (encore qu’en France cette fête soit reportée au second dimanche après la Nativité) les orientaux célèbrent Noël. » (https://dioceseauxarmees.fr/billets-du-vicaire-general-archives/583-chretiens-noel.html)

Pour la théologie chrétienne notamment catholique,…

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