Noël, un vrai faux anniversaire du vrai Messie Juifs, musulmans et chrétiens face à Jésus-Christ (Paix sur lui) (Partie 2) par Imam Kanté


Noël, un vrai faux anniversaire du vrai Messie
Juifs, musulmans et chrétiens face à Jésus-Christ (Paix sur lui)

(PARTIE 2)

Elle dit: «Comment aurais-je un garçon, quand aucun homme ne m’a touchée, et que je ne suis point une prostituée?» Il (l’ange) dit: «Ainsi sera-t-il! Cela M’est facile, a dit ton Seigneur! Et Nous ferons de lui un signe pour les gens, et une miséricorde de Notre part. C’est une affaire déjà décidée». Elle devint enceinte de lui (l’enfant), et se retira avec lui dans un lieu éloigné. » (Le Coran, 19 : 20-22)

Ahmadou M. Kanté
Imam, écrivain et conférencier
amakante@gmail.com

La naissance de Jésus (Paix sur lui) dans le Coran

Dans cette partie, le but est de présenter ce que nous dit le Coran au sujet de la naissance et de la lignée de Jésus pour jeter par la suite un regard comparatif qui ne sera bien sûr pas exhaustif entre les sources musulmanes et chrétiennes y afférentes.
La Marie du Coran (Maryam en arabe) est la fille d’Anne (son nom dans l’évangile), une servante de Dieu à laquelle les exégètes donnent le nom de Hannah, épouse d’un homme pieux du nom de ‘Imrân (dans l’évangile, c’est le nom de Joachim qui est mentionné). La mère de Marie avait formulé le vœu de dédier son enfant, si Dieu lui en donnait (elle n’en avait pas eu pendant de longues années de vie conjugale), au service du temple. La volonté et le plan de Dieu en décideront autrement et feront qu’à la place du garçon souhaité, c’est une fille qui viendra au monde et que sa mère nommera Maryam. La volonté divine agira encore pour faire que Maryam soit sous tutelle du plus dévoué serviteur de Dieu à l’époque, aux services du temple, le prophète Zakariyyâ (paix sur lui) de la lignée de Jacob (Ya ‘qûb du Coran – Paix sur lui). Voici les versets qui en parlent : « Et lorsque la femme de ‘Imrân dit: «Seigneur, je voue à ton culte exclusif ce que je porte en mon sein. Accepte-le donc, de moi, Toi qui entends et sait tout. Puis, lorsqu’elle l’eut enfantée, elle dit: «Seigneur, voilà que j’ai mis au monde une fille»; Allah le savait bien ! Le garçon n’est pas comme la fille. «Je l’ai nommée Marie, et je la mets ainsi que sa descendance, sous Ta protection contre Satan le banni». Son Seigneur réserva un accueil agréable à l’enfant, lui assura une belle croissance et en confia la garde à Zakariyyâ. (Le Coran, 3 : 35-37)
Maryam est une jeune fille qui vit isolée dans le temple et n’est ni la fiancée ni l’épouse de personne lorsqu’elle reçoit l’annonce lui disant qu’elle sera enceinte et qu’elle donnera naissance à un enfant du nom de ‘Îsâ (Jésus – Paix sur lui). Avant l’annonce, des signes ont montré que cette jeune fille jouissait de la grâce divine comme en témoigne la nourriture qui lui vient du « ciel » et dont son tuteur de prophète Zakariyyâ (Paix sur lui) est le premier à s’émerveiller : « Chaque fois que celui-ci entrait dans le sanctuaire où elle se trouvait, il trouvait près d’elle de la nourriture.  « Ô Marie !  D’où te vient cette nourriture ? », lui demanda-t-il un jour.  Elle répondit: « Cela me vient de Dieu.  Dieu donne sans compter à qui Il veut. » (Coran 3:37) C’est ainsi que l’annonce de la naissance de Jésus est adressée à Maryam et à personne d’autre comme le rapportent ces versets :
« Et lorsque les Anges dirent: «Ô Marie, certes Allah t’a élue et purifiée; et Il t’a élue au-dessus des femmes des mondes. «Ô Marie, obéis à Ton Seigneur, prosterne-toi, et incline-toi avec ceux qui s’inclinent » (Le Coran, 3 : 42-43) ;
« (Rappelle-toi) quand les Anges dirent: «Ô Marie, voilà qu’Allah t’annonce une bonne nouvelle, une Parole de Sa part: son nom sera «Al-Masīḥ», «˒Isā», fils de Marie, illustre ici-bas comme dans l’au-delà, et il comptera parmi les rapprochés d’Allah». Il parlera aux gens, dans le berceau et à l’âge adulte, il sera du nombre des vertueux». – Elle dit: «Seigneur! Comment aurais-je un enfant, alors qu’aucun homme ne m’a touchée?» – «C’est ainsi!» dit-Il. Allah crée ce qu’Il veut. Quand Il décide d’une chose, Il lui dit seulement : «Sois»; et elle est. Et (Allah) lui enseignera l’écriture, la sagesse, la Thora et l’Evangile, (Le Coran, 3 : 45-48) ;
« Rappelle dans le Livre (le Coran), Marie, quand elle s’isola de sa famille en un lieu situé vers l’Orient. Elle mit un rideau entre eux et elle un voile. Nous lui envoyâmes Notre Esprit (rûhanâ), qui se présenta à elle sous la forme d’un homme parfait. Elle dit: «Je me réfugie auprès du Tout Miséricordieux, contre toi, si tu crains (Allah)» Il dit: «Je ne suis qu’un messager de ton Seigneur venu te faire don d’un garçon pur». Elle dit: «Comment aurais-je un garçon, quand aucun homme ne m’a touchée, et que je ne suis point prostituée?» Il dit: «Ainsi sera-t-il! Cela M’est facile, a dit ton Seigneur! Et Nous ferons de lui un signe pour les gens, et une miséricorde de Notre part. C’est une affaire déjà décidée». Elle devint enceinte (de l’enfant), et se retira avec lui dans un lieu éloigné. » (Le Coran, 19 : 16-22)
Ensuite, le Coran rapporte que Maryam s’éloigne sans plus de détails sur le lieu en question, subit les douleurs de l’enfantement et souhaite ne pas survivre tellement elle ne sait comment gérer ce qui lui arrive. Ensuite c’est le retour de Maryam auprès des siens qui est décrit. Voici les versets qui en parlent : « Puis les douleurs la poussèrent vers le tronc du palmier-dattier, et elle dit: «Plût à Dieu que je fusse morte avant cet instant! Et que je fusse à jamais oubliée!» Alors, il l’appela d’en-dessous d’elle, [lui disant:] «Ne t’afflige pas ! Ton Seigneur a mis à tes pieds une source. Secoue le tronc du palmier vers toi: il en tombera sur toi des dattes fraîches et mûres. Mange donc, bois et réjouis-toi ! Et si tu vois quelqu’un d’entre les humains, dis [lui:] «Assurément, j’ai fait vœu d’un jeûne au Tout Miséricordieux, je ne parlerai donc aujourd’hui à aucun être humain». Puis elle vint auprès des siens en le portant [le bébé]. Ils dirent: «Ô Marie, tu as fait une chose monstrueuse! «Sœur de Hârûn (Aaron), ton père n’était pas un homme de mal et ta mère n’était point une prostituée». Elle fit alors un signe vers lui [le bébé]. Ils dirent: «Comment parlerions-nous à un bébé au berceau?» Mais (le bébé) dit: «Je suis vraiment serviteur d’Allah. Il m’a donné le Livre et a fait de moi un prophète. Il a fait de moi un être béni où que je sois et m’a recommandé, la prière et la Zakât toute ma vie, ainsi que la bonté envers ma mère. Il ne m’a fait ni violent ni voué au malheur. Et que la paix soit sur moi le jour où je naquis, le jour où je mourrai, et le jour où je serai ressuscité vivant.» Tel est Isâ (Jésus), fils de Marie, parole de vérité dont ils doutent. Il ne convient pas à Allah d’avoir un fils. Pureté à Lui! Quand Il décide d’une chose, Il dit seulement: «Sois!» et elle est. Certes, Allah est mon Seigneur tout comme le vôtre. Adorez-le donc ! Voilà un droit chemin» (Le Coran, 19 : 23-36)

Naissance et lignée de Jésus (Paix sur lui) selon le Coran et les évangiles

Dans les récits du Coran et des évangiles sur la naissance de Jésus, il existe des convergences et divergences qu’il est instructif d’explorer. On trouve dans la littérature chrétienne l’idée selon laquelle, le Coran fait une erreur grave de par la confusion qu’il entretient en faisant d’Amram ((‘Imrân dans le Coran), l’époux de Anne (Hannah) « Et lorsque la femme de ‘Imrân dit: «Seigneur, je voue à ton culte exclusif ce que je porte en mon sein » (Le Coran, 3 : 35), le père de Marie (mère de Jésus) « De même, Marie, la fille d’Imran qui avait préservé ses entrailles (sa virginité); Nous y insufflâmes alors de Notre Esprit.. » (Le Coran, 66 : 12) et de la même Marie (mère de jésus), la sœur d’Aaron « Marie, tu as fait une chose monstrueuse! «Sœur de Hârûn (Aaron), ton père n’était pas un homme de mal et ta mère n’était pas une prostituée». (Coran, 23 : 28 ). Pour ces critiques, il y a là un bémol pour ne pas dire une mise en cause du statut du Coran considéré comme une révélation divine et par conséquent infaillible. En effet, pour eux, le Coran qui se dit en continuité avec la Bible ne devrait pas se méprendre sur ceci qu’Amram de la Bible était l’époux de Jokébed avec laquelle il a eu trois enfants : Moïse (Mûsâ), Aaron (Hârûn) et Marie (Maryam), et qu’il a vécu en Egypte comme contemporain du Pharaon de l’exode. Une récapitulation de ce raisonnement donne ceci : Marie mère de Jésus ne peut pas être la fille d’Amram et la sœur d’Aaron et de Moïse de l’exode. D’autre part, Anne mère de Marie ne peut pas être l’épouse de ce même Amram.

En vérité, dès qu’on réfléchit à la possibilité de l’existence de deux personnes ayant vécu à des époques différentes et portant le même nom Amram, alors il y a un début de réponse à cette critique dont il s’agira de montrer qu’elle est infondée. Selon les exégètes du Coran, ce ‘Imrân mentionné dans la sourate éponyme « Ali ‘Imrân » (La famille d’Amram) et à propos duquel tout le monde est d’accord pour dire qu’il est la forme arabisée du nom hébreu Amram dans la Bible, est un deuxième qui a vécu au début de l’ère chrétienne, soit plus de 10 siècles selon certaines sources, avant le premier. En tout cas, on compte en siècles le temps qui sépare les deux personnes en question. Cette thèse s’appuie sur des dires du prophète Muhammad (PSLF) selon lesquels c’était une tradition chez les juifs de donner à leurs familles les mêmes noms que leurs vertueux ascendants : « Al-Mughîra ibn Shu’ba raconte : « Le Prophète (sur lui la paix) m’envoya à Nadjran [Yémen]. Là-bas on me dit : « Vous récitez ce passage : « O Sœur de Aaron » [Coran 19/28] ; pourtant, entre l’époque de Moïse et celle de Jésus il y a eu le temps que chacun connaît ! » Je n’ai pas su quoi leur répondre. Lorsque je rentrai (à Médine), je questionnai le Prophète à ce sujet. Il me dit : « Tu les aurais informés qu’ils se donnaient comme noms ceux des prophètes et des pieux ayant vécu avant eux. » (hadith rapporté par Muslim, At-Tirmidhî et Ahmad) (Cf. http://www.maison-islam.com/articles/?p=371)
C’est cette pratique traditionnelle de l’homonymie qui explique que des siècles après le premier Amram ou Amram senior qui a vécu en Egypte au temps de l’exode, l’on trouve mentionné dans le Coran un autre et deuxième Amram ou Amram junior. Ce dernier, lui, vivait quelque part dans la terre que se disputent palestiniens et israéliens présentement, et était l’époux de Hannah (Anne), la mère de Marie (mère de jésus). Les quatre évangiles canonisés ne disent rien sur les noms des parents de Marie, ce qui est assez surprenant, et c’est dans les apocryphes comme le Protévangile de Jacques que figurent les noms de Joachim et d’Anne. Toujours est-il que les exégètes du Coran et historiens musulmans sont d’accord sur le nom Anne pour la mère de Jésus. Etant entendu que les évangiles de Luc et Matthieu qui font passer la filiation de Jésus par Joseph, qui serait son père adoptif, pour arriver à David ne se préoccupent pas du père de Marie. Selon Ibn Khaldûn, le nom ‘Imrân a comme sens en hébreu Yû ‘aquim qui a donné Joachim (Cf. Hamza Boubakeur, 1972)
En tout état de cause, pour le Coran, l’époux d’Anne est un homonyme du patriarche Amram d’Egypte au temps de l’exode. Anne ne fait que s’inscrire dans cette tradition en donnant à sa fille et future mère de Jésus, le même nom que celui de la première Marie fille du premier Amram, sœur de Moïse et d’Aaron « Puis, lorsqu’elle l’eut enfantée, elle dit: «Seigneur, voilà que j’ai mis au monde une fille»; Allah le savait bien ! Le garçon n’est pas comme la fille. «Je l’ai nommée Marie » (Coran, 3 : 35-36). Selon cette compréhension et si on travaille sur la base de l’hypothèse plus que vraisemblable selon laquelle les pratiques d’homonymie dans la tradition juive ne se faisaient pas n’importe comment mais plutôt dans le cadre de la parenté, Marie la mère de Jésus est de la lignée d’Amram 1er de par son père Amram 2e. Il s’en suit qu’elle est du clan ou tribu des Lévites, par la filiation d’Aaron. C’est de notoriété que le clan des Lévites assume la fonction sacerdotale d’Israël depuis Aaron. Lévi qui est un des 12 fils de Jacob (Ya ‘qûb) fils d’Isaac (Ishâq) fils d’Abraham (Ibrâhîm). C’est ce Lévi qui est le père d’Amram père de Moïse et d’Aaron. Et très probablement, la parenté proche reconnue par et les exégètes du Coran et l’évangile de Luc entre Marie (mère de Jésus) et Elisabeth épouse de Zacharie laisse penser que celle-ci est aussi est issue des Lévites de par la filiation à Aaron. Dans ce cas de figure, qui rencontre notre préférence, Jésus est de la lignée des Lévites (et point de celle davidique qui mène à Juda et non à Lévi), de par sa mère. Mais il est clair que Jésus n’est pas fils de David « selon la chair. » puisqu’il est né sans père naturel. Cette hypothèse de l’appartenance de Marie à la lignée des Lévites a été envisagée par des auteurs chrétiens même si elle a été marginalisée face à la thèse majoritaire dans le christianisme de la lignée qu’on veut à tout prix davidique de cette dernière: « (…) Le mutisme des évangélistes jette donc un doute sur notre première hypothèse. C’est alors qu’il convient d’examiner la deuxième hypothèse. La Vierge ne serait pas de la maison royale de David (et donc de la tribu de Juda) mais plutôt de la tribu sacerdotale de Lévi. En effet Marie est la parente (Luc 1,36) d’Elisabeth qui est fille d’Aaron (Luc 1,5). Ne doit-on pas envisager alors que Marie est elle aussi de la tribu de Lévi, voire elle-même fille d’Aaron? Saint Ephrem (+373) n’hésitait pas à l’affirmer : « Les paroles de l’ange à Marie : « Élisabeth, ta parente », présentent Marie comme étant de la maison de Lévi » [1]. En ce cas Jésus lui-même serait d’ascendance sacerdotale par sa mère. (Cf. http://pl.mariedenazareth.com/280.0.html?&L=0)
Sur la base de ce que nous dit Luc, Elisabeth épouse de Zacharie père de Jean et contemporain de Marie est « une descendante d’Aaron » et elle est appelée « fille d’Aaron » malgré les siècles qui la sépare de ce dernier. Aussi, les exégètes les plus anciens et les plus respectés du Coran considèrent qu’Elisabeth est la sœur d’Anne ou la cousine de Marie ou sa sœur. (Cf. http://www.maison-islam.com/articles/?p=371)
Encore des informations qui laissent penser que la famille Amram (Joachim ?), Anne et Marie et celle Zacharie, Elisabeth et Jean sont des descendants d’Aaron et donc des Lévites. Au demeurant, tout le monde sera d’accord sur ceci que l’appartenance de Marie à la lignée des Lévites secoue de façon significative la croyance chrétienne d’un Jésus appartenant à la maison ou fils de David. Notre récapitulation est la suivante : Jésus est le fils de Marie fille d’Amram 2e, lui-même lointain petit fils d’Amram 1e (père de Moïse, d’Aaron et de Marie de l’exode), lui-même fils de Lévi qui est fils de Jacob qui est fils d’Isaac qui est fils d’Abraham, et Anne (mère de Marie) est une descendante d’Aaron. Voici l’arbre généalogique qui en découle.

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