(PARTIE 5) Noël, un vrai faux anniversaire du vrai Messie – Juifs, musulmans et chrétiens face à Jésus-Christ (Paix sur lui)


Noël, un vrai faux anniversaire du vrai Messie
Juifs, musulmans et chrétiens face à Jésus-Christ (Paix sur lui)
(PARTIE 5)

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Ahmadou M. Kanté
Imam, écrivain et conférencier
amakante@gmail.com

La venue au monde de Jésus en cinq temps forts dans le Coran

Dans la sourate 3, des versets 42 à 43, le Coran mentionne un premier temps qui est celui de l’attestation et de l’exhortation en direction de Marie. En effet, un groupe d’anges se trouve être les transmetteurs du message de Dieu à Marie. Ce groupe d’anges (c’est un signe de gravité et de grand honneur pour Marie ou c’est l’ange Gabriel Jibrîl qui est désigné par ce terme « al malâ-ikah comme le soutiennent certains exégèses ?), vient attester devant Marie du distingué statut que Dieu lui a accordé en la purifiant et l’élevant au rang de femme la plus honorable d’entre les femmes du monde « Et lorsque les Anges dirent: «Ô Marie, certes Allah t’a élue et purifiée; et Il t’a élue au-dessus des femmes des mondes. » Même s’il existe l’interprétation chez certains exégètes selon laquelle, il faut comprendre par « femmes des mondes », toutes les femmes de son temps, des hadiths semblent indiquer que c’est plutôt « meilleure femme que le monde ait connue » qu’il faut retenir. Selon les exégètes, cette distinction vient consacrer la sincérité, l’endurance et le scrupule avec lesquels Marie pratiquait le culte notamment la prière de même que l’observance des commandements de Dieu. Les anges de ce groupe l’incitent alors à persévérer pour être à la hauteur de cette grandissime distinction : «Ô Marie, obéis à Ton Seigneur, prosterne-toi, et incline-toi avec ceux qui s’inclinent »

Un deuxième temps (Sourate 3, versets 45 à 48) est celui de l’annonce, de l’étonnement et de l’affirmation de la chasteté de Marie. C’est toujours un groupe d’anges (est-ce le même, est-ce Jibrîl ?) qui fait à Marie la belle annonce d’une Parole (Kalimah) venant de Dieu « Et lorsque les Anges dirent: «Ô Marie, voilà qu’Allah t’annonce une Kalimah (Parole) de Sa part ». La suite de ce que disent les anges indiquent que cette « kalimah » venant de Dieu sera un enfant qu’elle va porter vu que les noms, et autres nobles qualificatifs qui lui sont associés sont ceux d’un être humain et expriment un rapport de servitude à l’égard de Dieu « son nom sera «Al-Masīḥ» (le Messie), «‘Isā», fils de Marie, illustre ici-bas comme dans l’au-delà, et l’un des rapprochés d’Allah». Nous reviendrons dans la discussion sur la signification du terme « Messie » qui est au cœur de l’eschatologie du judaïsme, de la chrétienté et de l’islam selon des postures différentes. Le terme « Al Masîh » est beaucoup plus un qualificatif qu’un nom selon nombre de commentateurs du Coran. Le lecteur notera que ces qualificatifs et noms sont apportés à Marie, à la différence de l’évangile de Luc où l’ange dit à celle-ci de donner le nom de Jésus à son futur enfant et de celle de Matthieu où c’est à Joseph que cette responsabilité est dévolue ! Le Messie, Jésus et fils de Marie sont les noms et qualificatifs contenus dans l’annonce des anges. Il est utile de noter que dans la tradition juive, c’est la dénomination « fils d’un tel » (le nom du père) qui est habituel et pas « fils d’une telle ». Deux choses sont importantes à retenir à cette étape de notre discussion : les noms et qualificatifs que le Coran utilise en direction du futur enfant de Marie ne se confondent jamais avec les termes de la théologie chrétienne « fils de Dieu » ou « fils adoptif de Joseph » ; ce changement de la pratique traditionnelle juive de dénomination patrilinéaire est hautement significatif et exprime une rupture qui annonce un basculement vers quelque chose de nouveau.
Se connaissant, Marie est très normalement étonnée de s’entendre dire qu’elle sera enceinte et déclare sans hésiter sa pureté et son innocence virginale « Elle dit: «Seigneur! Comment aurais-je un enfant, alors qu’aucun homme ne m’a touchée?». La réponse des anges reste conforme au contenu et aux limites de leur mission « «C’est ainsi!» dit-Il. Allah crée ce qu’Il veut. Quand Il décide d’une chose, Il lui dit seulement: «Sois»; et elle est aussitôt » : ce sont la Volonté et la Toute Puissance de Dieu qui vont agir par le truchement de sa Parole créatrice. Quel que soit le mystère qui accompagne cette « kalimah » venant de Dieu, les termes employés par les anges mentionnent sans aucun doute possible qu’on est dans l’ordre de la création et pas d’autre chose. A ce niveau, Il est utile de dire quelques mots sur l’étonnement de Marie pour lever toute équivoque et préciser que nous sommes devant une interrogation d’étonnement et non de doute. En effet, Marie connaissait déjà une dimension de la Toute Puissance divine à travers les dons miraculeux de nourriture qu’elle recevait dans le temple « Son Seigneur l’a alors accueillie du meilleur accueil et l’a fait croître de la meilleure croissance et l’a confiée à la tutelle de Zacharie. Chaque fois que celui-ci entrait auprès d’elle dans le Sanctuaire, il trouvait près d’elle de la nourriture. « Ô Marie, d’où te vient cette nourriture ? »lui demanda-t-il ? – Elle dit : « Cela vient d’Allah ». Il donne à qui Il veut sans compter » (Le Coran, 3 : 37)
Il s’agit donc cette fois-ci, de la découverte d’une autre dimension de cette même Toute Puissance de Dieu à travers la création d’un être humain sans père ainsi que sa conception et son enfantement par une jeune fille vierge. On peut faire le rapprochement avec le prophète Ibrâhîm (Abraham – Paix sur lui) qui demande à Dieu de lui donner une illustration de la façon dont Il ressuscite les morts : « Et quand Abraham dit : « Seigneur ! Montre-moi comment Tu ressuscites les morts », Allah dit : « Ne crois-tu pas encore ? » « Si ! dit Abraham; mais afin que mon cœur soit rassuré  ». (Le Coran, 2 : 260).
Momentanément interrompus par cette interpellation de Marie, imperturbablement, les anges poursuivent leur communication « Et (Allah) lui enseignera l’Ecriture, la sagesse, la Thora et l’Evangile » : Jésus aura donc une compétence spéciale à connaitre la Thora (par cœur) à la comprendre et à l’interpréter d’une façon sage et juste dont l’infaillibilité est garantie par Dieu. Dans ce cadre, quel est le rapport entre l’Evangile reçu par Jésus et la Thora de Moise ? En tout cas, selon le Coran, Jésus vient confirmer la Thora (comment faut-il comprendre cette confirmation ?) mais vu que l’Evangile donnée à Jésus ne peut en être une copie conforme, il sera intéressant le moment venu, de chercher à comprendre ce que celle-ci apporte de fondamentalement et de radicalement nouveau.

Un troisième temps (Sourate 19, des versets 16 à 22), est celui de la confirmation de la piété de Maryam, de sa chasteté, de sa confiance en Dieu, de sa foi en Ses paroles, et de la conception virginale et miraculeuse de Jésus. Certains commentateurs du Coran expliquent que c’était pour raison d’impureté rituelle (période de menstrues) que Marie était sortie du temple. D’autres, après avoir fait la revue de plusieurs interprétations de cette sortie de Marie, les reconnaissent ne pas pouvoir de avec certitude quelle était la motivation de ce déplacement hors du sanctuaire. Toujours est-il que le Coran dit : « Rappelle dans le Livre (le Coran), Marie, quand elle se retira de sa famille en un lieu vers l’Orient. Elle mit entre elle et eux un voile » Le voile mentionné dans le verset indique une séparation physique d’avec ses proches, preuve qu’elle ne s’éloignait jamais du sanctuaire où elle vivait. Pourquoi s’est-elle dirigée vers un lieu oriental et par rapport à quel repère ? Sans avertir, un jeune homme d’une apparence parfaite, qui est en réalité un ange et vraisemblablement le bien nommé Jibrîl (Gabriel- paix sur lui), ainsi que de beauté, fait face à Marie « Nous lui envoyâmes Notre Esprit (Rûhanâ), qui se présenta à elle sous la forme d’un homme parfait. », mais, elle ne pense qu’à se réfugier auprès de Dieu et à exhorter son vis-à-vis à la vertu ainsi qu’à confirmer sa pureté virginale comme de toujours qu’elle a reçu la visite des anges : « Elle dit: «Je me réfugie contre toi auprès du Tout Miséricordieux. Si tu es pieux» Il dit: «Je suis en fait un Messager de ton Seigneur pour te faire don d’un fils pur». Elle dit: «Comment aurais-je un fils, quand aucun homme ne m’a touchée, et que je ne suis point une prostituée?»
Le lecteur notera qu’un supplément d’information apparait dans l’expression « (…) et que je ne suis point une prostituée?». Une synthèse sommaire de ce que les commentateurs du Coran disent à ce sujet donne ceci : elle n’est toujours pas mariée et donc n’a pas eu de relation conjugale mais aussi elle ne s’est donné à personne. L’expression coranique « Il dit: «Ainsi sera-t-il! Cela M’est facile, a dit ton Seigneur! », rappelle celle que le récit de Luc mentionne : « Rien n’est impossible à Dieu ».
Ensuite, l’ange dit à Marie que ce n’est pas seulement elle qui sera étonnée de ce qu’est Jésus mais le monde « Et Nous ferons de lui un signe pour les gens, et une miséricorde de Notre part. C’est une affaire déjà décidée». Les commentateurs du Coran s’empressent de dire que Jésus est un signe « âyah » en ce qu’il est la manifestation de la toute Puissance de Dieu qui contourne comme Il veut, ici, la voie habituelle de la reproduction humaine depuis Adam par un père et une mère. Certains rappellent même qu’un autre signe plus puissant est que Dieu a créé Adam sans père ni mère. Reste qu’une question de taille est : n’est-il pas restrictif de comprendre par « signe pour les gens », le seul aspect lié à sa naissance miraculeuse et virginale ? Aussi comment faut-il comprendre que Jésus soit une miséricorde (Rahmah) venant de Dieu ? Etant entendu que c’est l’interprétation du signe et de la miséricorde que la personne de Jésus est qui sera l’objet de postures théologiques différentes selon qu’on est dans le judaïsme, le christianisme ou l’islam depuis 2000 ans et sur lesquelles nous comptons revenir largement, plaise à Dieu.
Toujours à cette étape, Marie confirme sa foi aux paroles de Dieu: « De même, Marie, la fille de ‘Imrân (Amram) qui avait préservé ses entrailles (sa virginité); Nous y insufflâmes alors de Notre Esprit. Elle avait foi aux paroles de son Seigneur ainsi que Ses Livres et elle fut parmi les dévotes. » (Le Coran, 66 : 12) Ce verset rappelle d’ailleurs ces lignes de Luc « Marie dit: Je suis la servante du Seigneur; qu’il me soit fait selon ta parole! Et l’ange la quitta. » (Luc 1.38)

Un quatrième temps (Sourate 19 : 22-33) est celui de la séparation, de la souffrance, du soutien divin, de la consolation et de la préparation au retour. En effet, après sa sortie vers ce lieu énigmatique du « côté de l’est », Marie ne s’imaginait pas qu’elle ne reviendrait pas de sitôt dans son cher temple. Pourtant, sa vie allait être bouleversée à jamais par le truchement d’un événement sans précédent ni subséquent dans le monde. Preuve que sans rien y comprendre, Marie vient de porter l’enfant, elle ne retourne pas au temple après la sortie susmentionnée mais s’éloigne encore dudit lieu « Elle devint donc enceinte de lui (l’enfant), et se retira avec lui en un lieu éloigné. » Les évangiles canonisés ne disent rien sur cette étape de souffrance solitaire de Marie. Par contre, le Coran en donne des indications à faire mourir de compassion quiconque a un peu de cœur. Pour bénéficiaire de la grâce de Dieu qu’elle soit, Marie n’échappe pas aux douleurs de l’enfantement : « Puis les douleurs de l’enfantement l’amenèrent au tronc du palmier-dattier, et elle dit: Que je fusse morte avant cet instant! Et que je fusse à jamais oubliée!» Une voix apaisante et non moins énigmatique s’adresse alors à Marie. « Alors, il l’appela d’en-dessous d’elle, [lui disant:] «Ne t’afflige pas ! Ton Seigneur a mis à tes pieds une source. Secoue le tronc du palmier vers toi: il en tombera sur toi des dattes fraîches et mûres. Mange donc, bois et réjouis-toi ! » Nous nous limiterons à signaler au passage que les commentateurs du Coran se sont épanchés sur l’identité de cette voix mystérieuse qui a parlé à Marie sans pouvoir trancher et ont simplement mentionné que c’est celle de l’ange ou de Jésus. (Dieu sait mieux)
Puis, il est question de l’attitude, des propos et gestes que Marie devrait adopter dans une perspective de retour. En effet, l’épreuve veut qu’elle revienne auprès des siens et pas qu’elle choisisse d’autres options telles que s’enfuir, abandonner l’enfant, le cacher, commettre un infanticide, etc. Dans cette optique, La guidance divine a consisté pour Marie à lui prescrire d’observer « le jeûne de la parole », garder le silence quelle que soit la situation à laquelle elle sera confrontée : « Et si tu vois quelqu’un d’entre les humains, dis [lui:] «Assurément, j’ai fait vœu d’un jeûne au Tout Miséricordieux, je ne parlerai donc aujourd’hui à personne»
Cette stratégie de l’abstinence verbale peut se comprendre quand on s’imagine ce qu’il aurait fallu de force spirituelle, morale et physique à Marie pour faire face, avec un bébé entre les mains, à des gens qui n’étaient pas disposés à lui témoigner la moindre compassion et prêts à lui crier à la face toutes sortes de paroles calomnieuses, voire à la trainer dans la rue et à la lapider à mort. C’était à coup sûr pousser Marie à l’humiliation et à la vindicte populaire que de la laisser tenter de se défendre dans un jeu de questions-réponses perdu d’avance et un tohu-bohu inévitablement stérile. En lui enjoignant de se taire, la voix qui s’adresse à Marie veut lui épargner, on dirait de nos jours « des erreurs de communication fatales » alors même que la défense de sa dignité et la réfutation de fausses accusations dirigées contre sa personne était légitime et justifiée. Un autre verset mentionne les calomnies de la foule voire des autorités juives de l’époque « (Nous les avons maudits) pour avoir rompu leur engagement, mécru aux signes d’Allah, ainsi que pour le meurtre injustifié de prophètes, et leurs propos: « Nos cœurs sont insensibles ». En réalité, c’est Allah qui a scellé leurs cœurs à cause de leur mécréance, car ils sont des gens de peu de foi. Et à cause de leur mécréance et de l’énorme calomnie qu’ils prononcent contre Marie. » (Le Coran, 4 : 155-156)
Et comme on pouvait s’y attendre, les langues se délient regorgeant d’infamies à l’égard de Marie dès qu’elle arrive auprès des siens. Personne ne lui pose de questions pour comprendre, c’est juste pour calomnier que les langues s’activent dans le but de l’humilier : « Puis elle vint auprès des siens en le portant [le bébé]. Ils dirent: «Ô Marie, tu as fait une chose monstrueuse! «Sœur de Hârûn (Aaron), ton père n’était pas un homme de mal et ta mère n’était point une prostituée». Elle fit alors un signe vers lui [le bébé]. Ils dirent: «Comment parlerions-nous à un bébé au berceau?»
Marie tient le coup en respectant le commandement de l’abstinence verbale, se contentant de faire un geste en direction de l’enfant, et alors une dimension du signe que constitue Jésus se dévoile : « Mais (le bébé) dit: «Je suis vraiment serviteur d’Allah. Il m’a donné le Livre et a fait de moi un prophète. Il a fait de moi un être béni où que je sois et m’a recommandé, la prière et la Zakât toute ma vie, ainsi que la bonté envers ma mère. Il ne m’a fait ni violent ni voué au malheur. Et que la paix soit sur moi le jour où je naquis, le jour où je mourrai, et le jour où je serai ressuscité vivant.» Ajoutons qu’encore une fois, se manifeste la grandeur de la foi de Marie à la Parole de son Seigneur. En effet, sans savoir ce qui allait se passer, elle observe le commandement du « jeûne de la parole » et c’est seulement après qu’elle entend comme tout le monde le bébé parler. Imaginons un instant qu’elle désigne du doigt le bébé et que ce dernier se comporte comme un bébé normal !

Après cette étape, il est question d’un cinquième temps où le Coran parle d’un lieu, duquel on peut se faire une idée relativement aux indications du verset y afférent : « Et du fils de Marie et de sa mère, Nous avons fait un signe.  Et à tous deux, Nous avons donné refuge sur une colline tranquille et arrosée. » (Coran, 23 : 50) Les mots du verset laissent comprendre que c’est un lieu vers lequel Dieu a guidé Marie et Jésus après que ce dernier ait parlé au berceau et indiqué quelques informations sur sa personne et son statut. Le but était vraisemblablement de les mettre à l’abri loin du peuple qui a fait montre de la malveillance et de l’hostilité susmentionnées. En effet, le terme « qarâr » renvoie à l’idée de sécurité et de stabilité comme de tranquillité tel que traduit ici. Cela fait penser à une localité au temps de Jésus, donc au début de l’ère chrétienne, quelque part en Palestine où il n’y avait pas de conflits ou autres situations de désordre social, religieux ou politique.
Le terme de lieu arrosé (avec cours d’eau) du verset fait penser à des moyens d’existence appropriés en termes de mode de vie rural de ce temps : terres fertiles, ressources en eau et pâturages disponibles, etc. Ainsi, Marie est protégée et Jésus grandit tranquillement dans un lieu situé en hauteur (dans les commentaires du Coran, on trouve mentionné le nom de la ville de Ramlah déformé en Ramallah, de localités situées en Egypte, à Damas et à Jérusalem) et sera missionné par Dieu le temps venu pour les grandissimes événements qui vont survenir.

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