Choisir un gouvernant à la lumière du Coran et des hadiths – Imam Ahmadou Makhtar Kanté


Choisir un gouvernant à la lumière du Coran et des hadiths

L’élection présidentielle au Sénégal est prévue le 24 février 2019. Au lieu de verser dans les prédictions de charlatans et autres devins, voire de soi-disant marabouts qui prétendent connaitre le « gayb », nous  préférons rappeler quelques critères tirés du Coran et des hadiths pour guider notre choix. Dans cette optique, commençons par trois exemples mentionnés dans le Coran. Les deux premiers font ressortir des critères par lesquels les prophètes Joseph (Yûsuf dans le Coran) et Moïse (Mûsâ – paix sur eux) ont été choisis pour assumer des responsabilités. A travers le troisième, sont mentionnées des recommandations fortes en matière de justice que Dieu fait au prophète-Roi David (Dâwûd – paix sur lui).

Convoqué par le roi d’Egypte de son temps, Joseph (paix sur lui) lui donne la bonne interprétation des rêves répétés qu’il (le roi) faisait ainsi que des indications techniques sur ce qu’il faut faire pour prévenir une insécurité alimentaire dans le pays. Puis, étant désormais sûr de la confiance que lui témoigne le roi, Joseph (paix sur lui) se dit prêt à assumer la fonction d’intendant d’Egypte : « Le roi dit : ‘Amenez-le moi, car je compte le réserver à mon service exclusif.’ Après avoir parlé avec lui, il dit : ‘Tu as acquis dès aujourd’hui auprès de nous une position d’autorité et de confiance. Il dit : ‘Mets sous mon autorité les entrepôts du pays, je suis bon gardien et bon connaisseur» (Coran 26 : 54-55)

Auparavant, Joseph (paix sur lui) avait fait montre de hautes vertus morales à travers sa loyauté sans faille envers son tuteur qui l’aimait et le traitait bien et son refus de céder aux avances de son (de son tuteur) épouse. Le roi de l’époque est convaincu alors qu’il a le bon profil pour accomplir avec succès ce qu’il attend de lui.  

De son côté, Moïse (paix sur lui) quitte l’Egypte, sa terre natale, dans la précipitation après avoir tué par accident un copte et entendu qu’il était recherché par la « police » du Pharaon. En cours de route, il s’assied devant un puits en plein désert et voit deux femmes à l’écart. Il s’enquiert de leur situation, comprend leur vulnérabilité et les aide de façon désintéressée. Suite à ce comportement altruiste d’une exemplarité rare, une des sœurs recommande à son père de l’engager moyennant salaire pour s’occuper de l’exploitation familiale : « L’une des deux dit : ‘Ô mon cher père, engage-le car il n’est pas meilleur à engager que celui qui est fort et digne de confiance’ » (Coran 28 : 26)  

Tout le monde peut se rendre compte de l’intuition aigue de cette dame qui a en quelque sorte plaidé en faveur de Moïse (paix sur lui) pour qu’il trouve emploi chez son (de la dame) père. Il se trouve que la posture de la dame en faveur de Moïse (paix sur lui) est informée par le comportement de ce dernier à leur égard : i) observation de la situation des parties prenantes autour du puits, ii) collecte d’informations auprès des deux dames à l’écart ; iii) prise de connaissance de leur vulnérabilité ; iv) assistance à personnes dans le besoin ; iv) retour à la place initiale sans rien attendre en retour de son geste marqué du sceau de la solidarité, de la compassion et de l’altruisme.

Pour le troisième exemple, il s’agit de recommandations que Dieu fait à l’endroit de David (paix sur lui) prophète mais aussi roi des israélites : « Ô David, Nous avons fait de toi un calife sur la terre. Juge donc en toute équité entre les gens et ne suis pas la passion sinon, elle t’égarera du sentier d’Allah… » (Coran 38 : 26)

A ce genre de versets très instructifs pour nous guider en matière de choix de personnes auxquelles nous pouvons confier de hautes responsabilités, notamment de premier gouvernant d’un pays, s’ajoutent des hadiths de la même veine :

Le célèbre compagnon du prophète (saws), Abu Zarr  rapporte  ceci : «  J’ai dit : Ô Messager d’Allah ! Et si tu me confiais des responsabilités ! Il me tapota l’épaule puis me dit : ‘Ô Abû Zarr ! Tu es faible et c’est un Dépôt sacré (amâna). Et au jour de la Résurrection, ce sera une source de honte et de regret, sauf pour celui qui l’aura assumé dans le strict respect de ce qu’il exige et s’est acquitté comme il sied des obligations y afférentes’ » (Mouslim)

Un homme est venu interroger le Messager d’Allah (saws) en lui disant : « Quand adviendra l’heure? » Il (saws) lui répondit : « Quand le Dépôt sacré sera perdu, attends alors l’arrivée de l’heure. » L’individu dit : « Comment sera-t-il perdu ? » Il (saws) lui répondit : « Quand la gestion des affaires sera confiée à qui n’est pas apte à l’assumer, attends l’arrivée de l’heure » (Al-Boukhari)

Il appert de tout ce qui précède que les enseignements de l’islam conduisent à soutenir que le vote est une modalité d’un acte sérieux qu’il faut poser en faveur d’un profil que l’on pense avoir les compétences techniques et un engagement moral convainquant pour gouverner le Sénégal dans la justice et l’équité. Il est attendu de la personne pressentie à ce poste de haute responsabilité, les vertus incluant celles-ci : être digne de confiance, respect des engagements, compétence en rapport avec la fonction, assumer la fonction avec bienfaisance, conscience de la reddition de compte aux hommes et à Dieu.

Puisent ces critères du Coran et des hadiths nous y aider.

Ahmadou Makhtar Kanté
Imam, écrivain et conférencier
Dakar, le 21/02/2019 – 15 Jumâdal âkhira 1440

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